IN SITU – Manifeste

Ce manifeste pose les principes essentiels à la bonne réalisation de toute Situation(s) :

La liberté de dire et de faire de l’artiste

Situation(s) est un acte artistique contextuel qui est accueilli dans un esprit de carte blanche et non de commande. Ce protocole d’intervention trouve parfaitement sa place dans les lieux où l’art est peu attendu ou encore dans des espaces où le contexte de transformation urbaine crée des frictions naturelles avec les vivants. Bien que la première et seule vocation du collectif soit la création artistique, il nous a été donné d’observer que notre simple présence induit des externalités positives, à commencer par « activer des dynamiques habitantes », « contribuer au pouvoir d’agir de chacun » ou bien encore « renouer des dialogues rompus ».

 

Ces observations nous amènent à avoir conscience de l’enjeu politique et social de notre présence dans un lieu. Nous précisons donc en amont de chaque Situation(s), et le rappelons si nécessaire au cours de notre présence, que nous ne sommes l’outil de personne si ce n’est celui de tous. Nous gardons notre liberté de dire, de penser et d’agir et garantissons de la bienveillance et de la transparence à chaque instant.

Un acte poétique docu-fiction

Ecouter les lieux et accueillir la parole de chacun afin de faire converger les points de vue et les mettre en frottement avec la sensibilité singulière des artistes du collectif. Ce qui sera dit in fine sera ce qui passera l’épreuve de la poétique.

Une pratique avant tout immersive

Habiter le quartier, le voir, l’arpenter à toute heure et sous tous ses angles.

Le collectif est logé sur place, dans le quartier où il travaille, où il vient en famille.

Un acte artistique expérientiel

Dans Situation(s) personne n’est spectateur mais plutôt témoin ou agissant au sein d’actes poétiques – rituels.

Renouer avec la question du rituel

Nous pensons que l’art peut s’envisager comme un rituel sans cesse réinventé dans des contextes urbains et humains qui ne cessent d’être confrontés à de nouveaux enjeux.

L’esthétique relationnelle                                                                                                      

Les formes créées résultent autant d’un travail artistique formel que de la relation qui existe entre ces dernières et celui qui y assiste – contribue.

Provoquer la rencontre

Créer des temps de rencontres, d’échanges, de débats, de collectes, de conception en lien avec les structures relais, tout en assurant une présence régulière dans l’espace public

 

… avec des groupes constitués (association locale, école, maison de retraite, club sportif…) qui vivent le lieu, l’occupent, le modèlent…

 

… avec ceux qui pensent, construisent, décident (urbanistes, élus, ouvriers, architectes). Donner ainsi une profondeur et une richesse au propos, afin de créer un frottement des mots, une rencontre d’idées plurielles à l’image des différentes strates qui font vivre un lieu.

 

… avec ceux qui passent, prendre le temps de la rencontre fortuite et individuelle grâce à la pratique de la dérive, le porte à porte, la rencontre de comptoir, la rencontre à la fenêtre, sur un banc… afin d’embarquer également les personnes ne fréquentant aucune structure locale.

 

Se raconter – être entendu

Faire récit ensemble pour questionner et réinventer un lieu, son histoire, son unicité, sa valeur. Mettre en récit un lieu, orchestrer la catharsis.

Jouer avec les vocables, apprendre à parler le langage de chacun (habitants, politiques, urbanistes, dealers…), pour être en capacité de deviser avec tous, pour embarquer les uns et les autres, pour trouver la langue du récit où tous pourront dialoguer dans le même espace.

Induire et faire le pas de côté 

Les membres du collectif dans leurs pratiques artistiques évitent les zones de confort et tentent par là même d’inviter avec douceur chacun à le faire. Ils orchestrent des dynamiques autour de la question de « l’impossible ».

Pratiquer la négociation avec l’apparent et l’invisible

Le collectif met ainsi en mouvement un espace fragmenté afin de trouver l’endroit juste pour la mise en forme du récit commun. Il travaille la question du contour, de la délimitation et de la lisière et expérimente la plasticité d’un lieu et sa capacité à accueillir l’inattendu.

Des dispositifs autonomes et complémentaires

En complément du suivi et de l’accueil de l’équipe hôtesse, le collectif a développé des outils de contact et d’échange avec les espaces. L’agent de liaison, dont la présence assure un suivi adapté aux aventures au long cours. La Randomobile, présente lors de moments clés qui rythment le quotidien du lieu d’accueil (marché, rencontre culturelle ou sportive, fête de la ville…). Il s’agit d’un lieu de discussion, de collecte autant que d’accueil et de convivialité.

Augmenter l’existant

Le collectif s’appuie sur les compétences et savoir-faire propres aux lieux. Il crée des installations et des scénographies à partir des matériaux qui composent l’espace.

Une apparition progressive et naturelle

L’œuvre ou le scénario produit se révèle à un rythme qui respecte le lieu et ses occupants